Le mois de janvier est traditionnellement celui des nouveaux départs et, pour beaucoup d'entrepreneurs, celui de la création d'entreprise. Pourtant, une question fondamentale demeure et conditionne la réussite de votre projet : quel cadre juridique choisir ?
Le débat se cristallise souvent entre deux structures : la SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) et l'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée). Chez Wolf Expertise, nous constatons trop souvent des choix basés sur des idées reçues. Voici une analyse comparative rigoureuse pour vous aider à trancher.
1. La protection sociale : Dirigeant assimilé-salarié ou TNS ?
C’est le premier critère de différenciation. Votre choix de statut détermine votre régime de protection sociale.
En SASU : Le président est "assimilé-salarié". Il bénéficie d'une protection sociale quasi identique à celle d'un cadre salarié (hors chômage). C'est un gage de sécurité, mais cela a un coût : les charges sociales représentent environ 75 % du salaire net.
En EURL : Le gérant associé unique est considéré comme un Travailleur Non-Salarié (TNS). Les charges sont nettement moins élevées (environ 45 % du revenu net). En revanche, la protection de base est souvent moins protectrice, ce qui nécessite de souscrire à des contrats complémentaires (Madelin).
2. La stratégie de rémunération : Salaire ou Dividendes ?
L'optimisation financière de votre activité passe par l'arbitrage entre rémunération immédiate et distribution de dividendes.
La SASU est la reine des dividendes. Elle permet de ne se verser aucun salaire (et donc de ne payer aucune charge sociale si vous bénéficiez de l'ARE) et de récupérer les bénéfices sous forme de dividendes en fin d'exercice, soumis à la Flat Tax de 30 %.
L’EURL privilégie la rémunération régulière. En EURL, une partie des dividendes est soumise aux cotisations sociales dès lors qu'ils dépassent 10 % du capital social. Ce statut est donc moins adapté pour une stratégie basée majoritairement sur les dividendes.
3. Fiscalité : L’option pour l’Impôt sur le Revenu (IR)
Bien que ces deux sociétés soient par défaut soumises à l'Impôt sur les Sociétés (IS), il est possible d'opter pour l'Impôt sur le Revenu sous certaines conditions.
Cette option est particulièrement intéressante au lancement de l'activité, notamment si vous prévoyez des déficits les premières années. Cela vous permet d'imputer les pertes de votre société sur votre revenu global et ainsi de réduire votre imposition personnelle. Wolf Expertise vous accompagne dans cette simulation fiscale pour déterminer la durée optimale de cette option.
4. Evolutivité et croissance
Si vous envisagez d’accueillir des investisseurs ou des associés à moyen terme, la SASU offre une souplesse contractuelle inégalée. La rédaction des statuts y est plus libre que pour l'EURL (qui suit le régime rigide de la SARL). À l'inverse, l'EURL est souvent privilégiée pour sa stabilité et son coût de fonctionnement réduit pour les activités de conseil et de services de proximité.
L’avis de l’expert : Ne décidez pas seul
Il n’existe pas de "meilleur" statut absolu. Le bon choix dépend de votre situation personnelle : percevez-vous des indemnités Pôle Emploi ? Avez-vous besoin d'une couverture sociale maximale ? Anticipez-vous une forte croissance ?
Une erreur de structuration au départ peut coûter plusieurs milliers d'euros en cotisations inutiles ou en fiscalité mal maîtrisée.















